Le Léviathan a faim : Pourquoi l'État total ne fonctionne jamais
ÉconomiePolitique

Le Léviathan a faim :Pourquoi l'État total ne fonctionne jamais

7 min de lecture
Partager :

L'histoire a la mémoire courte. Régulièrement, j'entends des appels à "plus d'État" pour résoudre nos problèmes. Pourtant, le XXe siècle nous a offert les leçons les plus sanglantes sur ce qu'il se passe lorsque le collectif écrase l'individu. Communisme, socialisme, ou national-socialisme (nazisme) : au-delà de leurs différences, ces régimes partagent une même racine pourrie. Analyse d'un échec programmé.

Le point commun : La haine de l'individu

Quand je regarde les grandes tragédies politiques du siècle dernier, je suis frappé par un dénominateur commun. Que ce soit sous la bannière rouge du communisme ou sous la croix gammée nazie, le mécanisme est le même : l'individu ne vaut rien, seul le "groupe" compte.

Que ce groupe soit défini par sa classe sociale (le prolétariat chez les marxistes) ou par sa race (chez les nazis), le résultat pour la liberté individuelle est identique : elle est sacrifiée sur l'autel de l'intérêt supérieur de l'État.

Ces idéologies sont des collectivismes. Elles partent du principe qu'une poignée de planificateurs au sommet de l'État sait mieux que vous ce qui est bon pour vous. Et l'histoire a montré, à chaque fois, que cette arrogance mène au désastre.

Le Nazisme était aussi un Socialisme

C'est un point d'histoire souvent mal compris, voire tabou, mais il est essentiel de le rappeler : le nazisme signifie "national-socialisme". Ce n'était pas une économie de marché.

Certes, la propriété privée existait encore nominalement sous le IIIe Reich, contrairement à l'URSS. Mais c'était une illusion. Les propriétaires d'usines n'étaient plus des entrepreneurs, mais des gestionnaires (des Betriebsführer) aux ordres de l'État. C'est le ministère de l'Économie qui décidait quoi produire, en quelle quantité, à quel prix, et à qui le vendre.

Comme l'ont démontré des économistes comme Ludwig von Mises, le nazisme a simplement remplacé la nationalisation de jure (légale) par une nationalisation de facto (dans les faits). L'économie était entièrement soumise aux objectifs délirants de l'État. C'était un socialisme au service de la race, tout aussi liberticide que le socialisme au service de la classe.

Pourquoi l'économie dirigée s'effondre toujours

Au-delà de l'horreur morale et des crimes contre l'humanité perpétrés par ces régimes, ils partagent aussi un échec économique cuisant. Pourquoi augmenter la part de l'État ne marche jamais ?

  1. Le problème de la connaissance : Aucun comité central, aussi intelligent soit-il, ne peut posséder la connaissance dispersée parmi des millions d'individus. Ils ne peuvent pas savoir ce dont vous avez besoin maintenant.
  2. La fin des signaux de prix : Dans une économie libre, les prix sont des signaux qui guident la production. Quand l'État fixe les prix (du pain, des loyers ou de l'énergie), il casse le thermomètre. Résultat : pénuries ou surproduction.
  3. La corruption du pouvoir : Donnez un pouvoir économique illimité à des politiciens, et vous obtenez inévitablement une caste de privilégiés qui s'enrichit sur le dos de la population, tout en prétendant agir pour son bien.

Conclusion : La vigilance est de mise

Le socialisme réel a mené à la famine et au goulag. Le national-socialisme a mené à la guerre totale et à l'Holocauste.

Il ne faut jamais oublier que l'État n'est pas un bienveillant père de famille. C'est une institution qui détient le monopole de la violence légale. Lui donner trop de pouvoir, c'est jouer avec le feu. La prospérité et la paix ne naissent pas de la contrainte étatique, mais de la liberté individuelle, de l'échange volontaire et de la responsabilité.